La meuf inspirante du mois #5 : Barbara Pravi / Artiste engagée

Barbara Pravi a tout d’une artiste à part entière : un univers fleuri, des textes engagés et une personnalité haute en couleurs. Elle a 24 ans, un binôme Jules Jaconelli et un titre « Deda » sorti vendredi dernier.

© Yann Orhan

 Lise : Hello Barbara, peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Barbara Pravi : Je m’appelle Barbara Pravi, j’ai 24 ans. J’ai fait du droit pendant 2 ans et je ne m’épanouissais pas.  Je me suis donc lancée dans la musique sans trop savoir où cela allait me mener. Je savais juste que pendant 5 ans, je m’y mettais à 200%. J’avais 20 ans à l’époque.

Tout s’est très vite enchainé : j’ai rencontré Jules Jaconelli, mon binôme avec qui je travaille encore aujourd’hui. Notre rencontre s’est faite naturellement, on s’est tout de suite très bien entendus.

 On a travaillé pendant des mois en studio puis on s’est dit qu’on allait sortir une chanson sur internet.  Ce titre, c’était « Amour impoli ». Il a fait 20 000 vues en 4 jours alors que même mes potes ne savaient pas que je faisais de la musique !

 J’ai été repéré par 2/3 labels et j’ai eu une proposition chez Capitol entre autres. J’ai signé chez eux il y a 2 ans.

Je suis consciente que j’ai eu beaucoup de chance et depuis 2 ans je travaille sur mon album avec Jules !

J’ai sorti le titre « Pas grandir » en juillet et vendredi dernier est sorti mon deuxième titre « Deda » en l’honneur de mon grand-père.  Mon album devrait sortir au printemps 2018. 

 

Lise : Tu as également participé au spectacle musical « Eté 44 » ?

Barbara : Oui c’était plutôt du théâtre musical mais c’est fini. Cela a duré 1 ans, on a fait 80 représentations. C’était Le Forestier, Aznavour, Goldman, Alain Chamfort, les auteurs des chansons.  

Lise : Et ta philosophie de vie, c’est quoi ?

Barbara : Je suis plutôt positive. Quand il se passe des trucs désagréables, j’essaye toujours de positiver, on se rend compte plus tard que c’était bénéfique !

Lise : Pourrais-tu nous expliquer comment se passe le processus de création d’un album/un titre ?

Barbara : Je crois qu’il n’y a pas de règles pour créer, tout dépend de chaque personne, chaque artiste.

 Pour moi, le processus a été très long car il y a eu tout à construire. La chose positive est que je savais absolument ce que je ne voulais pas en termes d’image, en termes de fond. On a fait 45 chansons, on en a gardé 10 pour l’album.  

Sur mon album, j’ai écrit et co-écrit. Je me suis entourée de gens que j’ai choisi comme Sébastien Rousselet du groupe Babel. J’ai également travaillé avec Pierre Grillet qui a par exemple écrit « Madame rêve » de Baschung.

Lise : Avec qui souhaiterais-tu collaborer ? 

Barbara : Je ne sais pas trop car tous les gens avec qui j’aimerais travailler sont morts ! (rires) Blague à part, il y  a plein de gens que j’adore, par exemple Vianney me touche beaucoup. J’aime également beaucoup Ben Mazué. On avait essayé de bosser ensemble et ça n’avait pas marché mais nous nous étions très bien entendus.

Je ne suis pas désireuse de quelque chose que je n’ai pas. J’ai déjà réussi à développer un univers, à construire mon équipe. Je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs pour le moment.

Si deuxième album, il y a, je me tournerais plutôt vers des personnes qui me connaissent vraiment et avec qui je suis hyper naturelle. Je suis plutôt dans cette démarche-là.

« Je me suis donc lancée dans la musique sans trop savoir où cela allait me mener. Je savais juste que pendant 5 ans, je m’y mettais à 200%.»

Lise : Les fleurs reviennent souvent dans ton univers : clip, photos. , qu’est-ce qu’elles signifient pour toi ?

Barbara : Je cherchais quelque chose qui soit reconnaissable et assez significatif du fait de grandir. Je ne voulais pas que cela soit trop petite fille ou trop terne non plus car la chanson est assez pop.

J’étais en train de faire mes courses et j’ai vu une petite fille de 4 ans avec une vieille couronne en plastique de princesse et je me suis dit : « c’est ça que je veux avec des fleurs ! » Je me suis rendue compte le lendemain qu’Audrey Hepburn avait fait une photo sublime, avec une espèce de couronne de fleurs.  

© Yann Orhan

Lise : Comment définirais-tu ton univers artistique ?

Barbara : J’appelle ça de la pop à textes ! J’aime tout ce qui est populaire, j’ai envie que mes titres puissent être écoutés partout. C’est une musique vraiment facile à écouter et à la fois chic.

A la base, j’écrivais des poèmes, et ce sont vraiment devenus des textes de chansons parce que Jules a appris à composer. Il sait comment construire une chanson. La pop, c’est assez codifié : t’as un couplet, un pré-refrain et un refrain. Il m’a vraiment appris à écrire, ce qui nécessite un développement dans ta chanson qui est différent du développement d’un poème.

«Je crois qu’il n’y a pas de règles pour créer, tout dépend de chaque personne, chaque artiste.»

Lise : Est -ce que le féminisme fait partie des sujets que tu as envie d’aborder dans tes titres ? Si oui quel rapport as-tu au féminisme ?

Barbara : J’en parle dans « Pas grandir ». Je me suis rendue compte, comme tout le monde, que quand t’es petit, tout est prémâché, et quand tu grandis surtout dans le milieu de la musique, on ne te prend pas au sérieux. Cette chanson est plus réaliste que féministe et c’est malheureux. Après les deux peuvent se compléter.

 Lise : Est-il compliqué selon toi d’être une femme artiste en 2017 ?

Barbara : Je pense que c’est très compliqué… et d’ailleurs si j’avais une fille, je lui dirais non, n’y va pas ! (rires)

Il faut être prêt à ne pas faire de concessions. On va toujours te faire croire qu’il faut faire des concessions, que c’est comme ça qu’il faut faire.

Quand t’es artiste, t’as une sorte d’égocentrisme, t’as envie qu’on t’écoute, qu’on te regarde. C’est quelque chose qui est dans les tripes et parce que t’as un message à faire passer.

Je crois que ce qui est important est de rester qui tu es, c’est malheureusement ce qui se fait de moins en moins parce que c’est dur de rester soi-même. 

© Yann Orhan

Lise : Quels sont les messages que tu veux faire passer à travers ta musique ? Quels engagements sont importants pour toi ?

Barbara : La cause féminine, c’est hyper important pour moi mais je n’aime pas appeler ça du féminisme, dans l’idée commune, c’est un terme qui fait peur.

Lise : Mis à part la musique, quel autre art t’attire ?

Barbara : J’ai fait beaucoup de danse jusqu’à mes 15 ans et maintenant je fais des claquettes depuis un an, c’est devenu ma passion ! J’aimerais bien faire de la cuisine mais la cuisine ne m’aime pas ! (rires)

Lise : Quels sont tes futurs projets ?

Barbara : Mon dernier titre « Deda » est sorti vendredi dernier. C’est le deuxième titre que j’avais envie de défendre après « Pas grandir » pour donner une idée de la diversité et de la cohérence de l’album.

Je vais aussi commencer les concerts à partir du 11 octobre au Réservoir. On va faire 7 dates là-bas : tous les mercredis d’octobre et novembre ! Ensuite en décembre et janvier, je vais faire la première partie de Florent Pagny. J’ai vraiment hâte car au final je n’ai chanté mes chansons qu’en studio.

 Lise : Quel message aimerais-tu faire passer aux lecteurs/lectrices de La Meuf à Frange ?

Barbara :  Essayer de rester soi-même, d’avoir des convictions et d’être capable de les défendre !

 

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