Le mec inspirant #3 : Baye-Dam Cissé / L’alliance de l’art et du sport

Baye-Dam Cissé est un artiste et sportif aux multiples facettes. À travers son art, il explore, avec passion et finesse, la culture Afro-européeenne. Je l’ai rencontré dans un lieu parisien empreint de signification : La colonie. 

Lise : Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Baye-Dam Cissé : Je m’appelle Baye-Dam Cissé et j’ai 31 ans. Je suis artiste et visuel. Les secteurs que j’explore sont le cinéma d’animation, la bande dessinée, la peinture et la sculpture.

Lise : Quelle est ta vision de l’art ?

B. C. : C’est un outil puissant pour véhiculer des idées mais également pour s’évader. C’est une sorte de névrose, une obsession, on est presque de l’ordre de la maladie mentale ! (rires) Dans la répétition du geste, il y a quelque chose de névrosé mais cela reste un excellent exutoire. A côté, je pratique différents sports et j’ai l’impression d’avoir plus de pression dans mon exercice artistique que dans la pratique du sport. Lorsque tu es artiste, tu es souvent plongé dans la solitude, c’est par moment assez effrayant.

Lise : Comment définirais-tu ton univers ?

B. C. : Est-ce que c’est à moi de le dire ? Est-ce que ce n’est pas le temps qui le dira ?  Je me placerais dans le mouvement des impressionnistes étant donné que je réinterprète la réalité. Par ailleurs, j’aime beaucoup le travail de : Lucian Freud, Klimt, Kerry James Marshall, Takehiko Inoue, Naoki Urasawa, Jerome Witkin et Greg Capullo.

Lise : De quels projets artistiques es-tu le plus fier ?

B. C. : J’ai une bande dessinée que je viens de finir en indépendant. Son nom sera « Ragall ».  J’ai travaillé dessus avec le papier et l’ordinateur. La colorisation à l’ordinateur, et tout le reste sur papier. J’avais cette idée en tête depuis un moment et j’ai mis un peu plus d’un an à la finir. C’est un projet particulier car il est cross-media (un univers qui s’étend sur différents médias). J’ai également développé un jeu à côté. Pour la création de ce jeu, j’ai dû apprendre à coder car c’était un projet qui me tenait à cœur.

Je suis également fier du collectif que l’on a créé avec 2 autres amis qui s’appelle le collectif des gosses. A travers notre art, nous explorons la culture afro-européenne qui est souvent mise à l’écart en France. 

Le fait d’avoir fini cette BD me permet de me replonger dans la peinture. Je n’aimais pas jumeler les 2, que l’un marche sur l’autre. Je voulais faire les choses étape par étape. Depuis peu, je me suis à nouveau focalisé sur la peinture et je suis aux anges ! Je peins sur toile, sur papier mais j’ai aussi envie de faire du street art. J’ai même une petite surprise pour bientôt ! J’ai créé mon propre avatar qui représentera mon identité.

Lise : Comment as-tu fait pour trouver ton style ?

B. C. : C’était long ! (rires) Je suis passé par différentes phases : phases émotionnelles et phases professionnelles. J’ai cherché à unifier mon travail en créant des passerelles entre chaque moyen d’expression. Cette passerelle s’est faite à travers la création d’un style graphique qui m’est propre. 

Les principales thématiques que j’aborde sont tout ce qui touche aux identités indigènes. Sur chaque média que j’utilise, je m’adresse à un public différent même si tout le monde peut se retrouver dans mes œuvres.

Pour mes œuvres, je vais m’adresser à un public plus âgé, plus connaisseur, plus initié. Quant à la bande dessinée, elle sera pour les plus jeunes.

Lise : Quel est le prochain art que tu aimerais tester ?

B. C. : J’aimerais tester la vidéo !  Dans ma tête, j’ai l’idée d’une performance artistique dans laquelle je mêlerais plusieurs arts. Pour l’instant, je me concentre sur la partie street art mais dès que le projet sera lancé, je pense que le reste suivra rapidement.

Lise : Est-ce que tu as déjà eu le mythe de la feuille blanche ?  

B. C. : Bien sûr! Dans ces moments-là, tu te forces à créer, alors qu’il vaut mieux, au contraire, se retirer, prendre son temps ou aller faire un footing.

Lorsqu’il s’agit de commandes pour des clients, c’est plus simple car je suis plus ou moins orienté. En fonction de l’orientation, je me laisse aussi une marge de liberté. Dans un premier temps, ce qui est compliqué est la recherche du style, de son identité.

Lise : Quel est, pour toi, l’endroit idéal pour peindre ?

B. C : J’ai besoin d’être isolé. C’est paradoxal car j’aime les gens mais quand je me mets à peindre, j’ai besoin d’un isolement total, en retrait et sans aucune distraction. L’atelier, c’est l’endroit parfait !

Lise : Tu me disais précédemment que le sport était important pour toi, quels sports pratiques-tu ?

B. C. : J’ai commencé avec le Wing Chun car je recherchais le contact, mais je n’ai pas adhéré à ce sport. Je me suis donc tourné vers la boxe thaïlandaise où j’ai fait mes premières compétitions et j’ai adoré ! Par la suite, j’ai donc fait de la boxe anglaise et du MMA où j’ai intégré l’Equipe de France. J’ai sans cesse besoin de découvrir de nouveaux sports, car au même titre que l’art, je suis dans l’exploration du corps et de l’esprit.

Lise : Quels sont tes futurs projets ?

B. C. : L’auto-publication de la BD, ce projet de street art qui arrivera dans quelques semaines ainsi que des cours de japonais que je veux prendre. J’ai des idées de développement de mon art au Japon.

Lise : Quel message aimerais-tu à faire passer aux lecteurs et lectrices de « La Meuf à frange » ?

B. C. : Explorez, découvrez et restez éveillés en permanence !

Où retrouver Baye-Dam Cissé ? 

 

Instagram 

Twitter

#LaMeufAFrange

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