La meuf inspirante du mois #12 : Coline D’Inca / La Matilda du XXIème siècle !

Le hasard de la vie et des engagements communs ont fait que j’ai croisé le chemin de Coline D’Inca, jeune comédienne de 28 ans. Elle a commencé à 16 ans avec un rôle dans Plus Belle La vie, série qui l’a révélée aux yeux des téléspectateurs. Récemment, dans la série Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste, j’ai échangé longuement avec Coline sur ses engagements, ses expériences et son rapport au monde du Cinéma et de la TV. Rendez-vous pris un mercredi soir au bar Le Mesnil autour d’une pinte.

© Alex Pixelle 

Lise : Ta première expérience est une figuration à l’âge de 9 ans dans le film « Une affaire de goût »  de Bernard Rapp. Quel était ton ressenti à propos du métier de comédienne à l’époque ?

Coline : Le premier métier que je voulais faire était danseuse étoile ou petit rat de l’Opéra ! Autant te dire que j’ai fait deux ans et demi de danse classique et j’ai vite arrêté ! (rire) Blague à part, comédienne est un métier que j’ai toujours voulu faire. Mon père l’est donc ça aide forcément.

Lors de ma première figuration, c’était une silhouette que mes parents avaient accepté que je fasse pour que je vois de plus près l’enfer des tournages ! Après cette expérience, j’étais d’autant plus motivée à persévérer dans cette voie !

Lise : Tu joueras par la suite dans plusieurs séries et films. Qu’as-tu pu apprendre du monde du Cinéma et de la TV pendant toutes ces années ?

C. : Le rapport à la notoriété est un aspect du métier que j’ai pu observer. C’est une facette que je n’avais pas appréhendé. Lorsque tu es, pendant 5 ans, tous les soirs dans la TV des gens, ce n’est plus de la notoriété, c’est une connaissance à sens unique. Je me sentais agressée dans la rue par les gens qui m’arrêtaient et eux se sentaient vexés car je ne les reconnaissais pas !

J’ai aussi appris toutes les bases sur les tournages. Par exemple :  se placer par rapport à la lumière, à la caméra, garder un certain naturel… Ce sont des  techniques qui s’apprennent au fur et à mesure. C’est un métier dans lequel tu es sans cesse en apprentissage.

La grande différence entre la TV et le Cinéma est surtout une question de budget et donc de minutage, de moyen, de temps.

Lise : Quelle a été la meilleure expérience de toute ta carrière ?

C. : J’en ai plein mais je dirais dans Plus Belle La Vie. Avec du recul, c’est l’expérience la plus dingue que j’ai vécu. Je n’avais absolument pas tourné avant. C’était quasiment mon premier casting, mes premiers tournages donc c’est forcément un des trucs les plus fous ! Mais je dois avouer que cet été, j’ai travaillé pour Lucien Jean-Baptiste pour la série Il a déjà tes yeux et c’était vraiment un tournage incroyable ! Je me suis retrouvée dans une véritable famille car Lucien a l’habitude de travailler avec les mêmes personnes. En terme d’ambiance cool et d’acteurs géniaux, le tournage du film Venise n’est pas en Italie était top ! Tourner avec Valérie Bonneton a été une bonne surprise. C’est une femme géniale et généreuse qui t’élève, te soutient et t’accompagne.

« Le rapport à la notoriété est un aspect du métier que j’ai pu observer. C’est une facette que je n’avais pas appréhendé. »

 Lise : Tu as joué récemment dans la mini-série « Il a déjà tes yeux » de Lucien Jean-Baptiste diffusée sur France 2. Peux-tu nous en dire plus sur ton rôle ?

C. : J’ai le rôle de Karine, l’assistante québécoise de Lucien Jean-Baptiste. C’est un rôle pétillant et insouciant. Je suis au milieu de plein de couleurs et travaille dans une boutique de fleurs. Je rigole tout le temps avec l’accent ! (rire) Je suis le trublion dans cette histoire de famille à laquelle je ne suis pas directement liée. C’est un rôle qui me sort des précédents rôles d’adolescentes mal dans sa peau que j’ai pu jouer.

Lise : Le film qui te rappelle ton enfance ?

C. : Matilda ! C’est une jeune fille intelligente avec des pouvoirs magiques ! C’est vraiment l’image de la gamine qui s’en sort face à tout. Je me suis construite autour du mythe  Matilda !

Lise : Le film devant lequel tu as versé quelques larmes ?

C. : Il y en a tellement mais le premier qui me vient est La ligne verte… C’est le premier film qui m’a autant bouleversée avec une vraie question d’injustice.

« Tourner avec Valérie Bonneton a été une bonne surprise. C’est une femme géniale et généreuse qui t’élève, te soutient et t’accompagne. »

Lise : Le film dans lequel t’aurais rêvé de jouer ?

C. : Franchement tous, même les films que je n’aime pas ! Quand j’étais petite, j’aurais adoré jouer dans des films de science-fiction et  je n’aime plus du tout maintenant !  Dans le cinéma français, je suis très fan de Michel Leclerc.

Lise : Le film qui résume ta vie actuelle ?

C. : Je vais dire J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit parce que je trouve que la réponse est cool et en plus c’est tellement un film génial !

Lise : Lors du mouvement #balancetonporc, tu as déclaré sur Twitter : « Ce réalisateur, sur le plateau d’une quotidienne dans laquelle je joue depuis deux ans, me plaque contre le mur et me chope les seins devant tout le monde pour montrer à mon partenaire comment il doit jouer sa séquence. J’ai 18 ans ». Comment as-tu vécu ce moment ?

C. : On était en tournage avec mon partenaire de jeu qui était nouveau dans la série. Il devait me plaquer contre le mur et commencer à me toucher la poitrine. N’osant pas le faire, le réalisateur s’est levé et a joué la scène à sa place. J’ai bien sûr réagi et ne comprenais pas pourquoi il agissait ainsi. Quand je suis allée me plaindre à la production, on m’a fait comprendre que les répercussions sur lui allaient être plus dramatiques que sur moi. J’avais 18 ans et je n’ai donc rien dit.

8 ans plus tard, le mouvement #metoo et #balancetonporc arrive avec cette déferlante de femmes qui disent que ce n’est pas normal. J’ai beaucoup réfléchi avant de poster ce texte car je savais que ce post pouvait potentiellement créer un buzz . A ce moment-là, l’idée n’était pas de le punir. 

J’ai vu ce mouvement comme une envie de changer d’axe et d’arrêter de pointer du doigt les victimes mais pointer du doigt les agresseurs. Passer de la forme passive à la forme active.

J’y ai participé car je trouvais nécessaire de faire partie de cette libération de la parole qui dure encore aujourd’hui.

Lise : Quels sont tes futurs projets ?

C. : Je travaille sur un projet d’écriture mettant en avant les femmes avec des copines et c’est en lecture chez les productions. J’aimerais beaucoup qu’il voit le jour ! Je souhaiterais également avoir des propositions pour faire du doublage !

Lise : Quel message souhaites-tu faire passer aux lectrices et lecteurs de « La meuf à frange » ?

C. : De ne pas trop se faire d’idée sur les gens car eux aussi ont des craintes, des peurs…

© Dolma Gardeur

Où retrouver Coline ? 

Dans la série « Il a déjà tes yeux » sur France 2 

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